Rapport technique




Analyse des données issues du programme ICE
îles de Miquelon et Langlade.









CNERA Cervidés Sanglier
Direction Inter-Régionale Outre Mer
___________________________
Rédacteurs

Jacques Michallet, Bruno Letournel et Marjorie Jouglet
email : jacques.michallet@oncfs.gouv.fr, bruno.letournel@oncfs.gouv.fr,
m.jouglet@conservatoire-du-littoral.fr

1

REMERCIEMENTS

Nous tenons à remercier l'équipe de terrain composée d' Eric SIMON, Pierrick QUEDINET,
Franck LUBERRY, Laurent JACKMAN Jean-Paul APESTEGUY, Nicolas PLAZA et
Frédéric DISNARD pour la réalisation des relevés floristiques sur les îles de Miquelon et
Langlade.
Nous remercions également tous les chasseurs qui ont contribué aux suivis sur poste
d'observation et réalisé les mesures biométriques sur les animaux (poids et longueur de la
patte arrière).
RESUME

L'analyse des suivis d'abondance montre qu'il y a une différence entre les îles de Miquelon et
Langlade. Deux périodes différentes peuvent être définies:
· De 1996 à 2005 avec une méthode de comptage limitée à une seule répétition et
caractérisée par des mesures de prélèvements restreints (0.5 cerf par chasseur),
· De 2006 à 2010 avec un protocole de comptage plus robuste (jusqu'à 4
répétitions) et caractérisée par des mesures de prélèvement plus importantes
(0.75 cerf /chasseur de 2006 à 2007, puis 1 cerf par chasseur en 2008, 2009 et
2010).
La période de gestion « protectionniste » (1996 à 2005) a certainement entraînée une
augmentation notable des effectifs de cerfs de Virginie (Odocoileus virgianus). Par ailleurs les
directives de prélèvement conduites entre 2006 et aujourd'hui ne semblent pas avoir permis de
réduire l'abondance de cette population.
Les relevés d'abroutissement et de consommation montrent que l'impact du cerf est plus
important que celui du lièvre (Lepus americanus) sur la régénération forestière et les essences
ligneuses et semi ligneuses présentes sur l'archipel. La pression des deux herbivores est la plus
importante sur l'île de Langlade. D'autre part les résultats indiquent une réduction de la
consommation par les deux espèces entre 2009 et 2010.
Quant à l'analyse des données biométriques (masse corporelle et longueur de la patte arrière)
aucune tendance se dessine compte tenu du trop faible nombre d'animaux mesurés et du
manque de précision des mesures. Toutefois il est intéressant de préciser que les poids des
cerfs est systématiquement plus faible sur l'île de Langlade
Le suivi dans le temps des indicateurs mis en place sur l'archipel permettra d'appréhender
l'évolution de la pression d'abroutissement des herbivores.

2

La connaissance de l'ensemble de ces derniers permettra, dans la mesure où un suivi sur
plusieurs années est réalisé, de comprendre l'évolution du niveau de relation entre les
herbivores et leur habitat. A partir de cette connaissance des directives de gestion pourront
alors être affichées selon les objectifs fixés en particulier celui concernant la restauration des
boisés de l'archipel.
Toutefois compte tenu des informations issues des « comptages » et des relevés
d'abroutissement il apparaît important que les prélèvements des cerfs et des lièvres par la
chasse soient supérieurs à ceux pratiqués ces dernières années.
Cette décision pourrait être confortée en lui associant des règles de tir qui favoriseraient par
exemple le tir des femelles adultes ainsi qu'une pression de chasse plus élevée dans les
secteurs présentant les taux d'abroutissement les plus importants.
Préambule

Les résultats présentés ci après portent sur :
· La mesure de l'impact des herbivores (cerf de Virginie et lièvre d'Amérique) sur les
boisés de l'archipel de Saint Pierre et Miquelon.
· Les données recueillies à l'occasion des opérations de comptage.
· Les données mesurées sur les animaux prélevés à la chasse.
Ils s'inscrivent dans un suivi plus général basé sur les indicateurs de changement écologique
(ICE). Ces premiers résultats doivent être appréhendés avec précaution car pour ce qui
concerne l'impact des animaux sur la flore forestière seulement 2 années de mesures font
référence et pour le suivi des effectifs les protocoles ont évolué depuis leur mise en place en
1996.
Quant aux données portant sur la performance de la population (masse corporelle)
l'interprétation des résultats doit tenir compte du faible nombre de données et de leur faible
précision.
En effet l'utilisation des informations issues des ICE nécessite le recueil d'informations sur le
moyen voir le long terme (5 années) associé à une application rigoureuse des protocoles de
mesure.
Par ailleurs le lecteur ne peut s'affranchir des conclusions émises par la mission forêt
considérant comme problématique l'avenir des peuplements forestier vis à vis de la pression
des herbivores.



3

1.
Le suivi de l'abondance des cerfs de Virginie

La technique de comptage utilisée sur l'archipel se rapproche de celle des indices ponctuels
d'abondance (IPA). Elle consiste à placer sur le territoire concerné une série de points
d'observation à partir desquels on relève pendant une période donnée (environ une heure)
l'ensemble des animaux présents. Ces suivis sont réalisés avant la tombée du jour lorsque
l'activité des animaux (alimentation) est la plus intense. A partir de 2007 pour améliorer la
robustesse des données plusieurs répétitions ont été programmées (2007 : 4 répétitions, 2008 :
une seule et enfin pour 2009 et 2010 : 4 répétitions). Il faut préciser que pour des raisons de
difficultés d'organisation (accès aléatoire de certains sites d'observation, conditions
météorologiques particulières) 1 ou 2 points d'observation peuvent être temporairement exclus
du dispositif. Nous avons donc choisi d'analyser seulement les données issues de 11 points
d'observation (5 points sur Miquelon et 6 sur Langlade).

1.2 Résultats

Nous avons cherché à savoir si le nombre de cerfs observés par poste d'observation variait au
cours du temps ; pour cela nous avons utilisé un modèle de régression linéaire sur chaque
période.
Dans un premier temps nous avons regroupé l'ensemble des données sans distinguer les îles de
Miquelon et Langlade.
Deux périodes se distinguent (avant et post 2006) avec une certaine stabilité de l'abondance
des effectifs pour la première (1996-2005, p=0.62) suivie d'une augmentation du nombre de
cerfs observés entre 2005 et 2006 (cf graphe n°1). Ensuite entre 2006 et 2010 une stabilité de
l'abondance caractérise cette période (p=0.36).

4


Evolution du nombre moyen de cerfs vus sur 11
postes d'observation
50
45

r
f
s
e

40

c
e

d
n
e

35
y
o



m

s 30
r
e

é
b
r
v

m
e
s

o
b
N
o 25
20
15
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2009
Années

Graphe N° 1 : Evolution du nombre de cerfs observés lors des comptages organisés entre
1996 et 2010 sur l'archipel de Saint Pierre et Miquelon.

L'interprétation du graphique doit tenir compte de l'évolution entre les deux périodes du
nombre de journées de comptage.

1.2.1 Ile de Miquelon

L'analyse des données relevées sur l'île de Miquelon montre une certaine stabilité (sauf pour
l'année 1999) cf graphe N°2.

Evolution du nombre moyen de cerfs vus par poste d'observation sur Miquelon
entre 1996 et 2010
40

r
fs 35
e
c
e

d 30
n
e
y
o 25

m
r
e
b
m 20
o
N
15
10
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
Années

Graphe N° 2 : Evolution du nombre moyen de cerfs observés lors des comptages
organisés entre 1996 et 2010 sur Miquelon.

5

1.2.2 Ile de Langlade

Comme sur les données regroupées (paragraphe 1.2) 2 périodes se distinguent (avant et post
2006) avec une certaine stabilité des effectifs pour la première (1996-2005) suivie d'une
augmentation du nombre de cerfs observés à partir de 2006 (cf graphe N°3).

Evolution du nombre moyen de cerfs vus entre 1996 et 2010 sur
Langlade

s

70
é
r
v
e
s
b

60

o

r
f
s
e

c

50
e

d
n
e
y

40
o

m
r
e
b

30
m
o
N

20
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
Années


Graphe N° 3 : Evolution du nombre moyen de cerfs observés lors des comptages
organisés entre 1996 et 2010 sur Langlade.
Nous avons ensuite cherché à savoir s'il y avait une différence entre 2006 et 2010, l'analyse
montre comme pour les données regroupées une stabilité des effectifs (p=0.503) au cours de
cette période (cf graphe N°5).

1.2.3 Comparaison entre Langlade et Miquelon

L'analyse des données montrent que l'abondance des cerfs sur Langlade est supérieure à celle
observée sur Miquelon (p<0.001) (cf graphe N°4).

6


Evolution du nombre moyen de cerfs observés
entre Miquelon et Langlade de 1996 à 2010

s
70
LANGLADE
u
MIQUELON

v

60
r
f
s
e

c
e
50

d
n
e
40
y
o



m
30
r
e
b
m
20
o
N
10
1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
Années

Graphe N° 4 : Nombre moyen de cerfs observés lors des comptages organisés entre 1996
et 2010 sur Langlade et Miquelon.

1.3 Interprétations

L'analyse des comptages montre qu'il y a une différence entre les îles de Miquelon et
Langlade ; la première ayant certainement moins d'animaux que la seconde. Par ailleurs nous
pouvons distinguer deux périodes différentes :
· De 1996 à 2005 avec une méthode de comptage limitée à une seule répétition et
caractérisée par des mesures de prélèvements restreints (0.5 cerf par chasseur),
· De 2006 à 2010 avec un protocole de comptage plus robuste (jusqu'à 4
répétitions) et caractérisée par des règles de prélèvement plus marquées (0.75
cerf /chasseur de 2006 à 2007, puis 1 cerf par chasseur en 200, 2009 et 2010).
Il semble que la période de gestion « protectionniste » (1996 à 2005) a probablement entraîner
une augmentation notable des effectifs de cerfs de Virginie et que les directives de
prélèvement conduites entre 2006 jusqu'à aujourd'hui n'ont pas permis de réduire cette
population.
2.
L'Indice d'abroutissement (IA)

Le protocole de mesure mis en place sur l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon est inspiré de
celui développé dans le document « dégâts forestiers et grands gibiers ­ techniques de relevé
en montagne ».
A partir du centre de chaque placette, défini à l'aide de ses coordonnées géoréférencées, nous
recherchons les 5 premiers semis des essences « sélectionnées ».Ces dernières sont le sapin
baumier, le bouleau à papier, les épinettes noires et blanches ainsi que le sorbier. Parmi les 5

7

semis retenus nous recherchons une trace d'abroutissement sur le bourgeon terminal et
définissons l'espèce à l'origine de cet abroutissement (lièvre ou cerf). Nous avons également
décidé de classer les semis en fonction de leur hauteur. En 2009 nous avons utilisé la
classification suivante: H1 hauteur comprise entre 10 et 70 cm et H2 de 70 à 180 cm. En 2010
après avoir pris en compte les avis de nos collègues canadiens nous avons retenu 4 classes de
hauteur : H1 moins de 10 cm, H2 de 10 à 30 cm, H3 de 30 à 60 cm et enfin H4 de 60 à 200
cm. Pour les analyses comparatives nous avons regroupés les classes 1 à 3 (source 2010) pour
les faire correspondre aux données mesurées en 2009.
Sur le terrain les informations relevées sont le nombre de semis abroutis (en prenant en compte
l'espèce à l'origine de l'abroutissement) et le nombre de semis non abroutis dans la limite de 5
plants par placette.
L'indice d'abroutissement pour une essence et une placette donnée est donc le rapport entre le
nombre de semis de cette essence présentant une trace d'abroutissement à l'année n-1 et le
nombre total de semis observés de la même essence.
Ainsi l'Indice d'abroutissement toutes hauteurs confondues est tel que :
Par exemple pour le Sapin Baumier
SpH A
1 + SpH2A
IA =

SpH A
1 + SpH N
1 A + SpH2A + SpH2NA
avec :
-
SpH1A nombre de semis de hauteur H1 abroutis
-
SpH2A nombre de semis de hauteur H2 abroutis
-
SpH1NA nombre de semis de hauteur H1 non abroutis
-
SpH2NA nombre de semis de hauteur H2 non abroutis


2.1 Résultats (cerfs et lièvres confondus)

· Sapin Baumier

Nous avons regardé si la valeur de l'IASp pour le sapin baumier était différente entre 2009 et
2010.
L'indice d'abroutissement relevé en 2010 est plus faible qu'en 2009 (p<0.001) (cf. graphe
N°5).
· Bouleau à papier

La comparaison entre l'indice d'abroutissement (IABo) mesuré entre 2009 et 2010 ne montre
aucune différence statistiquement significative (p=0.310).

8

· L'épinette noire

La comparaison entre 2009 et 2010 de l'indice d'abroutissement moyen ne montre au niveau
statistique aucune différence significative (p = 0.07) même si les valeurs mesurées en 2010
sont plus faibles (cf graphique N° 5).
REMARQUES
La valeur élevée de l'indice d'abroutissement mesuré sur cette essence provient du fait que
très peu de semis ont été répertoriés sur les placettes et que ces derniers ont souvent subi la
dent des cerfs ou des lièvres.
· L'épinette blanche

La comparaison entre les indices d'abroutissement de 2009 et 2010 ne montre aucune
différence statistiquement significative (p=0.146).
· Sorbier

l'indice d'abroutissement montre une différence statistiquement significative entre 2009 et
2010 (p < 0.0001). L'indice d'abroutissement relevé en 2010 est deux fois moins élevé qu'en
2009 (cf. graphique N° 5).
Indice d'abroutissement
1,2
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
IA
I
I
I
I
I
I
I
I
I

A
A
A
A
A
A
A
A
A
s
s
b
b
e
e
e
e
s
s
-0,2
ap
a
o
o
p
p
p
p
o
o
in
p
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u
in
in
in
in
rb
rb

i
l
l
2
n
e
e
e
e
e
e
ie
ie
0
2
a
a
tt
tt
tt
tt
r
r
0
0
u
u
e
e
e
e


9
10
2
2
2
0
2
n
n
b
b
0
0
0
0
o
o
l
l
0
1
9
10
ir
a
a
e
ir
n
n
9
0
2
e
c
c
0
2
h
h
0
0
e
e
9
10
20
2
0
0
9
10


Graphe N° 5 : Indices d'abroutissement moyens relevés sur les semis



9

2.2 Résultats (Comparaison lièvre vs cerf)

Nous avons utilisé pour chacune des essences suivies une analyse de variance pour tester
l'effet de l'année, de l'auteur des abroutissements et du site des relevés. Les résultats sont
présentés ci après.
· Sapin Baumier
Les abroutissements des cerfs sont plus importants que ceux des lièvres sauf sur l'île de
Miquelon où ces derniers en 2010 ont un impact plus élevé sur les semis de sapin baumier
(p<0.001).
C'est sur l'île de Langlade que les abroutissements sont les plus élevés pour les deux années
en particulier ceux dévolus aux cerfs (cf graphe 6).
Abroutissement moyen du sapin baumier
0,3
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
iquelon2009
iquelon 2009
iquelon 2010
iquelon 2010
cerfs Langlade 2009
cerfs M
cerfs Langlade 2010
cerfs M
cerfs cap m
cerfs cap m

Graphe N° 6 : Indices d'abroutissement moyens relevés sur les semis de sapin baumier







1
0

· Bouleau à papier
Abroutissement moyen du bouleau à papier
0,3
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
iquelon 2009
iquelon 2010
cerfs Langlade 2009
cerfs M
cerfs Langlade 2010
cerfs M

Graphe N° 7 : Indices d'abroutissement moyens relevés sur les semis de bouleau
Contrairement au sapin baumier, les semis de bouleau sont plus abroutis par les lièvres
quelque soit l'île (p<0.001). Par contre aucune différence significative n'est montrée entre les
valeurs inter annuelles des abroutissements relevés pour chacun des deux auteurs aussi bien à
Miquelon qu'à Langlade (respectivement p=0.210 et p=0.487).

· Epinette noire
Les faibles indices d'abroutissement relevés sur cette essence ne varient pas entre les deux
années de relevés (p=0.714), les îles (p=0.148) ainsi que sur l'auteur à l'origine de
l'abroutissement (p=0.203).
Abroutissement moyen de l'épinette noire
0,35
0,3
0,25
0,2
0,15
0,1
0,05
0
cerfs
lièvres
cerfs
lièvres
cerfs
lièvres
cerfs
lièvres
Langlade
Langlade
Miquelon
Miquelon
Langlade
Langlade
Miquelon
Miquelon
2009
2009
2009
2009
2010
2010
2010
2010

Graphe N° 8 : Indices d'abroutissement moyens relevés sur les semis d'épinette noire

1
1

· Epinette blanche

Abroutissement moyen de l'épinette blanche
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
cerfs
lièvres
cerfs
lièvres
cerfs
lièvres
cerfs
lièvres
Langlade
Langlade
Miquelon
Miquelon
Langlade
Langlade
Miquelon
Miquelon
2009
2009
2009
2009
2010
2010
2010
2010

Graphe N° 9 : Indices d'abroutissement moyens relevés sur les semis d'épinette blanche
Les semis d'épinette blanche sont plus abroutis par les lièvres quelque soit l'île (p<0.001). Par
contre pour les lièvres et les cerfs aucune différence significative n'est montrée entre leurs
abroutissements respectifs relevés en 2009 et 2010 aussi bien à Miquelon qu'à Langlade
(respectivement p=0.3 et p=0.13).

· Sorbier
Abroutissement moyen du sorbier
0,18
0,16
0,14
0,12
0,1
0,08
0,06
0,04
0,02
0
iquelon2009
iquelon 2009
iquelon2010
iquelon 2010
cerfs Langlade 2009cerfs M
cerfs Langlade 2010cerfs M
cerfs cap m
cerfs cap m

Graphe N° 10 : Indices d'abroutissement moyens relevés sur les semis de sorbier

1
2


Les indices d'abroutissement relevés sur cette essence ne varient pas entre les deux années de
relevés (p=0.140). Par contre ils sont différents entre les îles, Langlade étant le site où les
indices sont les plus élevés (p<0.001). Sur Langlade les abroutissements des lièvres sont plus
élevés en 2010 que ceux des cerfs alors que c'était l'inverse en 2009. Quant à Miquelon ceux
sont les lièvres qui occasionnent le plus d'impacts.

3. La densité de semis

3.1 Rappels

La densité des semis est mesurée sur deux placeaux circulaires de 2.80 mètres de rayon. Nous
avons choisi de ne relever que les semis des essences feuillus (Sorbier et bouleau à papier). En
effet pour les résineux (Sapin baumier et épinettes noires et blanches) nous avons rencontré sur
le terrain d'importantes difficultés à différencier les semis issus d'une reproduction sexuée de
ceux provenant d'une reproduction végétative (marcottage).

La table 1 présente la répartition par site des placeaux présentant au moins un semis.
L'interprétation des résultats présentés ci après devra être prudente compte tenu d'une
répartition très hétérogène des zones de semis en particulier pour le bouleau sur les sites de
Cap de Miquelon et de Langlade.


Années
Nombre de placeaux avec Nombre de placeaux avec
semis de bouleau à papier
semis de sorbier
2009
43
149
2010
83
200


Table 1 : Effectif des placeaux avec au moins un semis de bouleau à papier et/ou de
sorbier.









1
3

· Bouleau à papier
1 0 0 0 0
1 0 4 0 0
8 0 0 0
r
6 0 0 0
i
e
p
a

p

à
u
6 0 0 0
a
l
e
u
o

B
E
I
T
4 0 0 0
S
N
E
D
2 0 0 0
1 2 2 .4 2 7
3 4 1 .7 5 8
0
0
0
2 0 0 9
2 0 1 0

Graphe N° 11 : densité de semis de bouleau à papier

La densité de semis de bouleau à papier est significativement plus élevée en 2010 (p<0.001)

Années
Densité moyenne
2009
122.43
2010
341.76

Table 2 : Densité moyenne de semis de bouleau à papier

· Sorbier

8 0 0 0 0
8 7 6 0 0
6 0 0 0 0
r
i
e
r
b
o

S
E
I
T
3 8 8 0 0
4 0 0 0 0
S
N
E
D
2 0 0 0 0
1 1 7 3 .0 8 7
2 5 3 0 .7 6 9
0
0
2 0 0
2 0 0 9
2 0 1 0


Graphe N° 12 : densité de semis de sorbier


1
4

La densité de semis de sorbier est significativement plus élevée en 2010 (p<0.001)

Années
Densité moyenne
2009
1173.1
2010
2530.8

Table 3 : Densité moyenne de semis de sorbier

4.
L'Indice de consommation (IC)

· (lièvre et cerf confondus)
4.1 Rappels

Dans le but de conforter les relevés portant sur la pression de consommation des herbivores sur
la flore, le protocole de l'indice de consommation a été mis en place. L'objectif de ce
complément de données est de pouvoir comparer les résultats obtenus à partir de l'Indice
d'abroutissement et de mesurer la diversité en espèces ligneuses et semis ligneuses.
Le protocole de mesure mis en place est celui développé par le CEMAGREF. Sur le centre des
placettes, défini selon le plan d'échantillonnage utilisé pour l'indice d'abroutissement, nous
relevons sur une surface d'1m² la présence d'espèces végétales définies selon une liste pré-
établies (cf table 3 ) ainsi que tout signes de consommation sur ces dernières
Liste des espèces
recherchées
Sapin baumier
Bouleau à papier
Epinette noire
Epinette blanche
Sorbier
Némopanthe
Viorne
Aulne
Amélanchier
Myrique baumier
Bleuet
Cornouiller
kalmia
Thé du labrador
Erable

Table 3 : Liste des espèces végétales recherchées dans la mesure de l'indice de
consommation

1
5

Nous avons retenu un cortège floristique regroupant les principales essences ligneuses et semi-
ligneuses présentes sur le site d'étude et faisant partie du régime alimentaire des lièvres et
cerfs.
Pour mesurer s'il existait une différence temporelle entre consommation et présence par
essence les plus fréquentes nous avons utilisé une régression logistique binomiale à partir des
données brutes.
4.2 Indice de consommation global

I C G l o b a l - S t P i e r r e e t M i q u e l o n
1 . 0
0 . 8
0 . 6
I C
0 . 4
0 . 2
0 . 0
2 0 0 9
2 0 1 0
A n n é e

Graphe N° 13 : Indice de consommation
L'analyse des données relevées entre 2009 et 2010 montre (cf graphe 13) que la probabilité de
consommation par les deux herbivores confondus (lièvre et cerf) est moins élevée en 2010
(p<0.001).
4.3 Indice de consommation par essence
· Amélanchier

I n d i c e d e c o n s o m m a t i o n
0 . 6
0 . 5

n
t
i
o
a

0 . 4
m
m
o
s
n

0 . 3
o

c
e

d

0 . 2
i
l
i
t
é

b
a
b

0 . 1
r
o
P

0 . 0
2 0 0 9
2 0 1 0
A n n é e s

Graphe N° 14 : Evolution de la probabilité de consommation de l'amélanchier

1
6

L'analyse des données relevées entre 2009 et 2010 montre que la probabilité de
consommation par les lièvres et les cerfs n'est pas significativement différente (p=0.566).
· Aulne

Indice de consommation
0.6
n
t
i
o
a
m
0.5
m
o
s
n
o
0.4

c
e

d
0.3
i
l
i
t
é

b
a
b
0.2
r
o
P

0.1
0.0
2009
2010
Années

Graphe N° 15 : Evolution de la probabilité de consommation de l'aulne
Comme pour l'amélanchier la probabilité de consommation de l'aulne n'est pas différente
entre 2009 et 2010 (p=0.191) même si une baisse s'amorce la deuxième année.
· Bleuet
Comme pour l'amélanchier et l'aulne la probabilité de consommation du bleuet n'est pas
différente entre 2009 et 2010 (p=0.471).

Indice de consommation
0.6
0.5
n
t
i
o
a
m
0.4
m
o
s
n
o

c
0.3
e

d

i
l
i
t
é

b 0.2
a
b
r
o
P
0.1
0.0
2009
2010
Années

Graphe N° 16 : Evolution de la probabilité de consommation du bleuet

1
7

· Bouleau à papier

Indice de consommation
0.6

0.5
t
i
on
a
m
m
o
0.4
s
on

c
e
0.3

d

l
i
t
é

bi 0.2
r
oba
P

0.1
0.0
2009
2010
Années

Graphe N° 17 : Evolution de la probabilité de consommation du bouleau à papier
La probabilité de consommation du bouleau à papier n'est pas différente entre 2009 et 2010
(p=0.729).
· Kalmia

Indice de consommation
0.6

n
0.5
t
i
o
a
m
m
0.4
o
s
n
o

c
e
0.3

d

i
l
i
t
é

b 0.2
a
b
r
o
P

0.1
0.0
2009
2010
Années

Graphe N° 18 : Evolution de la probabilité de consommation du kalmia
La probabilité de consommation du kalmia n'est pas différente entre 2009 et 2010 (p=0.384).



1
8

· Némopanthe

Indice de consommation
0.6

n
0.5
t
i
o
a
m
m
o
0.4
s
n
o

c
e
0.3

d

i
l
i
t
é

b
a
0.2
b
r
o
P

0.1
0.0
2009
2010
Années

Graphe N° 19 : Evolution de la probabilité de consommation du némopanthe
La probabilité de consommation du Némopanthe n'est pas différente entre 2009 et 2010
(p=0.390).
· Sorbier

Indice de consommation
0.6

n
0.5
t
i
o
a
m
m
o
0.4
s
n
o

c
e
0.3

d

i
l
i
t
é

b
a
0.2
b
r
o
P

0.1
0.0
2009
2010
Années

Graphe N° 20 : Evolution de la probabilité de consommation du sorbier
La probabilité de consommation relevée en 2010 est légèrement inférieure à celle de 2009
(p=0.07).

1
9

· Sapin baumier

Indice de consommation
0.6

n
0.5
t
i
o
a
m
m
0.4
o
s
n
o

c
e
0.3

d

i
l
i
t
é

b
a
0.2
b
r
o
P

0.1
0.0
2009
2010
Années

Graphe N° 21 : Evolution de la probabilité de consommation du sapin baumier
La probabilité de consommation relevée en 2010 est significativement inférieure à celle de
2009 (p=0.001).

· Thé du labrador

Indice de consommation
0.6

n
0.5
t
i
o
a
m
m
0.4
o
s
n
o

c
e
0.3

d

i
l
i
t
é

b
a
0.2
b
r
o
P

0.1
0.0
2009
2010
Années

Graphe N° 22 : Evolution de la probabilité de consommation du Thé du Labrador
La probabilité de consommation n'est pas différente entre 2009 et 2010 (p=0.781).


2
0

· Viorne
La probabilité de consommation n'est pas différente entre 2009 et 2010 (p=0.515).

Indice de consommation
0.6

n
0.5
t
i
o
a
m
m
0.4
o
s
n
o

c
e
0.3

d

i
l
i
t
é

b
a
0.2
b
r
o
P

0.1
0.0
2009
2010
Années

Graphe N° 23 : Evolution de la probabilité de consommation de la viorne

4.4 Comparaison lièvres et cerfs
Afin de mesurer l'impact des deux espèces sur l'ensemble du cortège floristique nous avons
utilisé une régression logistique sur les données brutes prenant en compte l'espèce à l'origine
de la consommation et l'année de mesure.
Les résultats montrent que la consommation des cerfs en 2010 est plus faible qu'en 2009
(p<0.001) mais plus importante que celle du lièvre (p<0.001). Chez cette dernière espèce la
consommation relevée en 2010 est moins importante que celle de 2009 (p=0.02).
Nous avons ensuite intégré la localisation des placettes pour savoir s'il y avait une différence
entre les 3 sites (Cap Miquelon, Langlade et Miquelon).
Les résultats de l'analyse indiquent que la consommation causée par les cerfs et les lièvres
était sur les 3 sites inférieure en 2010. Par ailleurs les cerfs consomment plus que les lièvres
quelque soit le site (cf graphe N° 24). C'est sur Cap Miquelon que la consommation des deux
espèces est la plus faible alors qu'à Langlade elle est la plus importante.

2
1

consommation
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
iquelon2009
iquelon 2009 iquelon2010
iquelon 2010
cerfs Langlade 2009
cerfs M
cerfs Langlade 2010
cerfs M
cerfs cap m
cerfs cap m

Graphe N° 24 : Comparaison entre la consommation des cerfs et des lièvres
Afin de pouvoir comparer avec les résultats issus des mesures d'abroutissement nous avons
analysé les données de l'indice de consommation en distinguant les essences forestières sapin
baumier, sorbier et bouleau à papier des autres essences.
· Consommation des cerfs et des lièvres sur les sapins baumier, sorbier et
bouleau à papier
consommation
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
iquelon2009
iquelon 2009iquelon2010
iquelon 2010
cerfs Langlade 2009
cerfs M
cerfs Langlade 2010
cerfs M
cerfs cap m
cerfs cap m

Graphe N° 25 : Comparaison entre la consommation des cerfs et des lièvres sur les
sapins baumier, sorbier et bouleau à papier des 3 îles

2
2

Les résultats de l'analyse confirment que la consommation causée par les cerfs et les lièvres
est sur les 3 sites inférieure en 2010. Par ailleurs les cerfs consomment plus que les lièvres
quelque soit le site (cf graphe N° 25). La consommation des deux espèces en 2010 est la plus
faible en particulier sur Miquelon où cerfs et lièvres ont une consommation presque identique.
Si on sélectionne les données relatives au bouleau à papier et sorbier les analyses montrent
qu'en 2010 la consommation des cerfs et des lièvres sur ces deux essences est identique alors
qu'elle est différente l'année précédente (cf graphe N° 26).
consommation
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
iquelon 2009
iquelon 2010
cerfs Langlade 2009
cerfs M
cerfs Langlade 2010
cerfs M

Graphe N°26 : Comparaison entre la consommation des cerfs et des lièvres sur les
sorbier et bouleau à papier de Langlade et Miquelon

4.5 Interprétations
Les relevés d'abroutissement et de consommation montrent en général que l'impact du cerf est
plus important que celui du lièvre sur la régénération forestière et les essences ligneuses et
semi ligneuses présentes sur l'archipel.
C'est sur l'île de Langlade que la pression des deux herbivores est la plus importante.
Il faut enfin noter une réduction de la consommation entre 2009 et 2010 des deux herbivores
confondus. Cette tendance doit être vérifiée les prochaines années pour pouvoir l'interpréter de
façon objective.
5
La masse corporelle des animaux
Lorsque l'effectif d'une population progresse, les performances individuelles des individus qui
la composent diminuent (par exemple :baisse du poids , de la fécondité, de la survie,...)
pouvant entraîner une réduction du taux de croissance de la population. C'est en particulier la

2
3

« masse corporelle » des jeunes animaux de l'année qui est la plus fortement corrélée aux
variations de densité.
L'analyse des poids des faons, dans la mesure où l'échantillon dans le temps est important,
renseigne sur le fonctionnement démographique de la population.
Dans notre cas le faible nombre de jeunes animaux mesurés ne permet pas de valider les
résultats des analyses employées.
Années
Nombre de faons mâles
Nombre de faons femelles
2008
5
6
2009
9
7
2010
17
18
Table 4 : Nombre de faons prélevés à la chasse et ayant fait l'objet de mesures biométriques
5.1 Masse corporelle des faons.
Les poids ont été corrigés par la date de tir de manière à disposer pour les analyses de données
« recentrées » sur une date de tir médiane. Cela permet de mesurer les variations inter
annuelles du poids.
Poids des faons
0
3
5
2
g

K
n

e
s
i
d
0
o
2
P
5
1
0
1
2008
2009
2010
Saisons de chasse

Graphe N°27 : Evolution du poids des faons de cerfs (les deux sexes confondus) prélevés
sur les îles de Langlade et Miquelon
L'analyse des poids montre aucune différence entre les faons mâles et femelles (p=0.143) ainsi
qu'entre les 3 années (pour les deux sexes confondus : p=0.57)

2
4

Nous avons également regardé si il existait une différence entre le poids des faons mesurés sur
Langlade et Miquelon. Compte tenu du faible nombre d'animaux par île nous nous limiterons
à une représentation graphique des données.

Poids des faons
30
Langlade
28
Miquelon
26

g

K
n
24

e
s
i
d
o
P
22
20
18
2008
2009
2010
Saisons de chasse

Graphe N°28 : Evolution par île du poids des faons de cerfs (les deux sexes confondus)
A l'examen du graphe N°28 les faons de cerfs prélevés sur l'île de Langlade sont moins lourds
que leurs voisins de Miquelon.
5.2 Masse corporelle des adultes.

Poids des femelles adultes
Poids des mâles adultes
0
0
6
9
0
8
0
g
5

K
g
0
n
7

K

e
s
n
i
d

e
o
s
P
0
i
d
0
4
o
6
P
0
5
0
3
0
4
0
2008
2009
2010
3
2008
2009
2010
Saisons de chasse

Saisons de chasse

Graphe N°29 : Evolution du poids des cerfs adultes

2
5


Le poids des biches et des mâles adultes ne varie pas entre 2008 et 2010 (respectivement
p=0.111 et 0.180).
Poids des mâles adultes
Poids des biches
Dataset$site
Dataset$site
0
9
0
CapM
5
CapM
Langlade
Langlade
Miquelon
0
Miquelon
8
5
g
g
4

K

K
n
n
0

e

e
7
s
s
i
d
i
d
o
o
P
0
P
4
0
6
5
0
3
5
0
4
2008
2009
2010
2008
2009
2010
Saisons de chasse
Saisons de chasse

Graphe N°30 : Evolution du poids des cerfs adultes en fonction de l'île
Comme pour les faons les animaux adultes prélevés sur Langlade sont moins lourds que leurs
voisins de Miquelon.
5.3 Longueur de la patte arrière des faons
Compte tenu du trop faible jeu de données et de leur faible précision nous ne prendrons pas en
compte cette mesure biométrique.
5.4 Interprétations
Malgré un faible échantillon d'animaux mesurés (adultes ou jeunes) on peut avancer :
· une certaine stabilité des poids des faons et des adultes entre les 3 années.
· Des poids toujours plus faible sur l'île de Langlade.
Le point important à retenir de ces analyses est celui montrant une différence importante des
mesures relevées entre Miquelon et Langlade même si en 2010 les données se rapprochent.
Cela traduit certainement une densité en cerfs plus forte sur Langlade que Miquelon associée à
une qualité du milieu probablement moins importante sur le premier site. Cette interprétation
est à mettre en parallèle à l'expertise des boisés qui indique que l'état de dégradation des
peuplements forestiers de Langlade est bien plus marqué.





2
7

6. DISCUSSION

Le suivi dans le temps des indicateurs mis en place sur l'archipel permettra d'appréhender
l'évolution de la pression d'abroutissement des herbivores sur l'archipel.
L'utilisation de cette information pour proposer des directives de gestion doit rester prudente.
En effet l'interprétation des données issues des indicateurs de changement écologique doit
s'appuyer sur trois types d'informations :
1. le suivi de l'abondance de la population. C'est le domaine des suivis d'abondance
réalisés sur point d'observation
2. la performance des animaux (poids, longueur de la patte arrière ou de la mâchoire)
confiée aux chasseurs.
3. l'impact des animaux sur la végétation.

La connaissance de l'ensemble de ces variables permettra, dans la mesure où un suivi sur
plusieurs années est réalisé, de comprendre l'évolution du niveau de relation entre les deux
herbivores et leur habitat.
Ce n'est que dans ces conditions que des directives de gestion pourront être élaborées
objectivement.
Toutefois compte tenu des niveaux d'abroutissement causés aussi bien par les lièvres que les
cerfs il apparaît important que les prélèvements de ces deux espèces par la chasse soient pour
l'avenir supérieurs à ceux pratiqués ces dernières années. Pour ce qui concerne le lièvre les
prélèvements devront tenir compte de la proportion de jeunes dans le tableau de chasse. La
mise en place d'un carnet de prélèvement pour cette espèce permettra de mieux appréhender
dans le temps le succès et l'effort de chasse nécessaire. Les informations recueillies en début
de chasse, grâce à ce document serviront de référence et permettront ainsi de définir les quotas
et les règles de chasse pour la saison à venir.
Quant au cerf, les quota construits sur une attribution d'un animal par chasseur ne semblent
pas donner satisfaction ( relative stabilité des effectifs à partir des données de suivi
d'abondance). Il apparaît important de fixer un nombre minimum d'animaux à prélever
suffisamment élevé. Pour cela les propositions devront être un bon compromis entre la
nécessité de faire chuter les effectifs de cerfs et tenir compte de la pression de chasse
potentielle des chasseurs.

2
7

Cette décision pourrait être confortée en lui associant des règles de tir qui favoriseraient par
exemple le tir des femelles adultes ainsi qu'une pression de chasse plus élevée dans les
secteurs présentant les taux d'abroutissement les plus important (secteurs de Langlade par
exemple). Ce dernier point nécessite l'intégration dans nos analyses d'une donnée spatiale
(coordonnées des placettes de mesure) ce qui pourrait être envisagé les prochaines années.
Enfin il est important d'insister sur la nécessité de poursuivre l'étude engagée en associant au
plus près les chasseurs et la population locale dans différentes opérations (suivis d'abondance
indiciaires, relevés de mesures sur les animaux, etc...). Un effort devra être entrepris pour
poursuivre le travail de motivation des chasseurs locaux à réaliser le plus grand nombre de
mesures biométriques (poids, longueur de la patte arrière et statut de gestation des femelles) en
insistant sur leurs précisions.
La mise en place d'un carnet de chasse sur lequel chaque chasseur relèverait une série
d'informations liées à son activité (nombre de jours de chasse, sexe et âge de l'animal tué, date
du prélèvement, poids et mesures éventuelles réalisées) serait un bon outil de connaissance
pouvant servir dans l'amélioration de la gestion du cerf.
Seule une analyse croisée entre l'ensemble des indicateurs relevés dans les 3 sites pourra :
· répondre aux interrogations soulevées par les différents acteurs de la gestion de la
faune et de la flore.
· Permettre de proposer des règles de prélèvements en adéquation avec les populations
d'herbivores et ce en fonction des objectifs envisagés de préservation voire de
reconstitution des peuplements forestiers.


2
8